Tu as peut-être déjà beaucoup travaillé sur toi. Tu as cherché tes blocages, exploré tes croyances et essayé de comprendre pourquoi tu n’avançais pas comme tu le voulais. Tu t’es formée, tu as acquis des compétences et tu as testé des stratégies.
Et pourtant, certaines décisions restent en attente. Tu veux demander une augmentation, mais tu ne le fais pas. Tu veux proposer une offre plus ambitieuse, mais tu reviens à un tarif plus bas dès que ta cliente hésite. Tu rêves d’un autre rythme professionnel, mais tu continues à organiser tes journées comme avant.
Dans cet audio, je t’invite à explorer une autre porte d’entrée : l’identité depuis laquelle tu fais tes choix. Je l’appelle l’identité haute fréquence. C’est une façon de te relier à ce que tu veux créer, puis d’observer les gestes concrets qui peuvent t’en rapprocher.
Il ne s’agit pas de nier les difficultés ni de croire qu’il suffit de visualiser pour obtenir un résultat. Il s’agit de ne pas faire du problème le seul point de départ.

Mon histoire personnelle avec l’identité
Je voulais commencer cet espace en me présentant autrement. Pas seulement par mon métier ou mes formations, mais à travers les identités que j’ai traversées.
Au départ, mon histoire familiale m’a laissée dans un flou. Je ne savais pas qui était mon père ni de quelle origine j’étais. À 18 ans, j’ai reçu un nom et une identité qui, j’ai compris plus tard, ne correspondaient pas à mon histoire.
Cette expérience a nourri ma curiosité pour l’identité et les changements qu’elle peut porter. Je me suis formée au Québec aux mémoires cellulaires et j’ai travaillé sur mon histoire personnelle. J’ai aussi rencontré une part de mon parcours liée à ma naissance et au déni de grossesse de ma mère.
Je suis née sous le prénom Sylvie. Avec le temps, ce prénom et ce qu’il évoquait pour moi sont devenus difficiles à porter. J’ai repris Clara, le prénom que ma mère avait d’abord envisagé. Plus tard, le mariage a encore modifié mon nom. Je suis passée de Sylvie Pomato à Clara Simonnet.
Je ne raconte pas cela pour dire qu’un prénom détermine une destinée. Ni pour affirmer que toutes les femmes portant le même prénom vivent la même chose. C’est mon expérience. Elle m’a fait observer à quel point les noms, les histoires et les rôles familiaux peuvent être chargés de sens pour une personne.
Chaque étape m’a amenée à me demander : quelle identité suis-je en train d’habiter ? Qu’est-ce que j’y associe ? Qu’est-ce que je veux garder, transformer ou laisser derrière moi ? Cette réflexion est le point de départ de la notion d’identité haute fréquence que je partage ici.
Quand le manque devient le point de départ
Nous prenons souvent nos décisions à partir de ce que nous pensons possible dans notre situation actuelle. Nous regardons les ressources disponibles, nos habitudes et les limites que nous croyons devoir respecter.
« Je ne peux pas gagner davantage, ma famille n’a jamais eu beaucoup d’argent. »
« Je ne peux pas exercer ce métier, personne autour de moi ne l’a fait. »
« Je ne peux pas prendre la parole, je n’ai pas assez confiance. »
Ces pensées peuvent sembler réalistes. Parfois, elles signalent aussi de vraies contraintes. Mais elles peuvent finir par définir tout le champ de ce que nous nous autorisons à envisager.
On cherche alors le problème à résoudre. Qu’est-ce qui me bloque ? Quelle croyance dois-je lever ? Quelle émotion dois-je guérir ? Cette démarche peut avoir sa place. Un accompagnement thérapeutique peut être important et nécessaire. Mais si toute notre attention reste fixée sur ce qui ne va pas, nous risquons de remettre sans cesse l’action à plus tard.
Je connais cette boucle. J’ai étudié la psychologie et passé beaucoup de temps à chercher les causes des difficultés. Comprendre son histoire peut apporter des repères. Mais comprendre n’est pas toujours la même chose que choisir et agir.
Dans mon approche, l’identité haute fréquence propose un autre terrain d’exploration. Au lieu de demander seulement « qu’est-ce qui ne va pas ? », on peut aussi demander : « Qui suis-je en train de devenir ? » et « Quel choix pourrait ouvrir une possibilité nouvelle ? »
Sortir de la maison où tu n’habites plus
Imagine que tu déménages dans une nouvelle maison. Elle te plaît. Tu peux y aménager un bureau, inviter des personnes ou créer un espace qui te ressemble. Mais tu retournes chaque jour dans ton ancienne maison pour vérifier si tout est encore comme avant.
Tu peux faire quelque chose de semblable avec une ancienne identité. Tu veux développer une activité plus grande, mais tu vérifies sans cesse si tu es toujours la personne qui n’ose pas vendre. Tu veux changer de posture, mais tu te définis surtout par le manque de confiance que tu as connu.
Une autre histoire de l’audio l’illustre. Sophie veut demander une augmentation. Elle se sent peu sûre d’elle. Elle commence un travail pour comprendre son histoire familiale et découvre des éléments qui l’éclairent. Deux ans plus tard, pourtant, elle n’a toujours pas parlé d’augmentation à son responsable.
Le travail sur son histoire n’est pas inutile. Mais il ne remplace pas la conversation qu’elle veut avoir. À un moment, Sophie peut aussi préparer sa demande, rassembler des exemples de sa contribution et choisir une date pour en parler.
L’enjeu n’est pas d’oublier le passé. C’est de ne pas faire de son exploration une condition obligatoire avant chaque décision.
Parfois, tu peux avancer avec une peur présente, sans attendre de te sentir parfaitement prête.
Faire un choix depuis les possibilités
Quand je parle de choix, je ne parle pas simplement de choisir entre deux options déjà visibles. Je parle de prendre un temps pour écouter ce qui compte pour toi, puis d’élargir les possibilités que tu examines.
Le mental est utile. Il compare, organise, prévoit et vérifie les conséquences. Mais il travaille surtout avec les informations qu’il connaît déjà. Si tu te demandes uniquement comment faire un peu mieux ce que tu fais aujourd’hui, tu risques de rester dans le même cadre.
Quelques questions pour ouvrir le champ :
- Si je me sentais autorisée à imaginer plus grand, qu’est-ce que je voudrais créer ?
- Quelle décision pourrait me rapprocher d’une activité qui me ressemble ?
- Avec quelles personnes ai-je envie de travailler ?
Ces questions ne remplacent pas les chiffres, les compétences ou les contraintes concrètes. Elles peuvent faire émerger une option à examiner. Ensuite, tu peux vérifier si elle est réaliste, viable et cohérente avec tes ressources.
Pour une entrepreneure, cela peut vouloir dire envisager une offre différente, demander un retour à une cliente, revoir son agenda ou créer une collaboration. Le choix ne garantit pas le résultat. Il te remet en mouvement et t’aide à tester une direction.
Écouter son intuition et lui donner une suite
Dans l’audio, je parle aussi de l’intuition. Pour moi, l’écouter signifie prendre au sérieux une idée ou un élan, sans le confondre avec une certitude infaillible.
Une intuition peut apparaître pendant une marche, sous la douche, au réveil ou dans un moment de détente. Si une idée te semble importante, note-la. Écris ce qui te vient, même si ce n’est pas encore bien formulé. Le lendemain, tu pourras la relire et décider si elle mérite un essai.
J’ai appris à garder un carnet près de moi. Une idée peut perdre une partie de sa force si je ne l’écris pas. La noter ne m’oblige pas à la suivre aveuglément. Cela me permet de ne pas l’écarter avant même de l’avoir examinée.
Tu peux ensuite lui donner une suite proportionnée. Si l’idée est de contacter une personne, tu peux rédiger un message et attendre avant de l’envoyer. Si tu envisages un changement d’offre, tu peux en parler à une cliente de confiance ou tester une version simple.
Écouter son intuition, ce n’est donc pas arrêter de réfléchir. C’est accueillir un signal, le noter, le confronter aux faits et choisir ce que tu veux en faire.
Décrire l’identité professionnelle que tu veux incarner
Supposons que tu veuilles développer ton activité ou prendre une posture plus affirmée. Au lieu de rester sur une formule générale comme « je veux être une CEO confiante », décris cette femme dans des situations précises.
- Quelles valeurs guident ses décisions ?
- Comment présente-t-elle son offre à une cliente potentielle ?
- Comment parle-t-elle de ses tarifs ?
- Que fait-elle quand une personne n’est pas d’accord avec elle ?
- Comment organise-t-elle une semaine de travail soutenable ?
- Que fait-elle après un refus ou une erreur ?
Tu peux écrire tes réponses, faire un dessin ou les dire à voix haute. Repère ensuite un comportement que tu peux essayer dans ta réalité actuelle. Une identité souhaitée ne sert pas à jouer un rôle. Elle peut t’aider à clarifier des choix qui sont déjà à ta portée.
Si tu veux davantage assumer ta place, par exemple, choisis une prochaine occasion de parler de ton expertise. Prépare une phrase claire sur ce que tu fais et pour qui. Puis entraîne-toi à la prononcer sans ajouter immédiatement une excuse ou une longue justification.
Calibrer son système nerveux à l’inconfort
Une nouvelle décision peut être inconfortable, même si elle correspond à ce que tu veux. Tu peux avoir le cœur qui accélère avant un rendez-vous, les mâchoires serrées au moment d’annoncer un prix ou la gorge qui se noue quand tu poses une limite.
Dans l’audio, j’appelle « calibration » le fait de te préparer à rester présente dans ces moments. Tu ne cherches pas à supprimer toute réaction. Tu apprends à la remarquer et à te donner assez de sécurité pour ne pas revenir automatiquement à l’ancien comportement.
Avant une conversation difficile, tu peux sentir tes pieds au sol et prendre le temps de respirer. Tu peux écrire à l’avance la phrase que tu veux dire. Tu peux aussi décider de faire une pause avant de répondre à une demande.
Une phrase pour te donner le temps :
« Je vérifie mon planning et je te réponds demain. »
Elle t’évite de dire oui dans la précipitation. Elle te laisse vérifier tes priorités et préparer une réponse juste.
Exemple : annoncer son tarif sans le réduire aussitôt
Tu as défini un tarif pour ton accompagnement. Une cliente te demande le prix. Tu annonces un montant, puis tu sens l’inquiétude monter. Avant même qu’elle réponde, tu ajoutes une remise ou proposes un tarif inférieur.
Tu peux alors préparer une autre réponse. Annonce ton tarif, puis laisse un silence. Si la cliente hésite, demande-lui ce qu’elle veut clarifier. Rappelle-toi les éléments réels de ton offre : son périmètre, le temps prévu et la valeur du travail fourni. Tu peux ensuite discuter des options sans baisser ton prix par réflexe.
Ce n’est pas une consigne d’augmenter tes tarifs sans réflexion. C’est une invitation à ne pas laisser la peur décider à ta place avant même d’avoir entendu la réponse de l’autre personne.
Protéger sa direction des avis décourageants
Quand tu annonces un projet nouveau, tes proches peuvent te répondre avec leurs propres peurs. « À ta place, je ne le ferais pas. » « Ce n’est pas possible. » « Tu devrais rester prudente. » Parfois, ces remarques signalent un risque concret. Parfois, elles expriment surtout la façon dont l’autre personne voit le monde.
Tu n’as pas besoin de rejeter tous les avis. Tu peux choisir à qui tu confies une idée encore fragile. Demande-toi si la personne connaît le sujet, comprend ton objectif et peut t’aider à voir les risques sans décider à ta place.
Et si ton fonctionnement est différent, tu n’as pas à copier les méthodes des autres pour prouver que tu es sérieuse. Dans l’audio, je raconte avoir terminé l’écriture de mon livre en regardant parfois une série. Cette façon de travailler ne conviendra pas à tout le monde. Elle m’a aidée, moi, à alterner les tâches et à avancer.
La question utile est : quel cadre soutient réellement ton attention et ton énergie ? Tu peux expérimenter, puis observer les résultats. Un fonctionnement inhabituel n’est pas automatiquement un défaut. Il mérite d’être compris et adapté, sans diagnostic improvisé ni idéalisation.
Tenir cette identité dans la durée
Une nouvelle posture ne devient pas familière en un jour. Tu peux l’essayer, l’oublier, puis y revenir. Une remarque familiale, une cliente déçue ou une semaine difficile peut te faire reprendre tes anciens réflexes.
Ce retour en arrière ne prouve pas que tu as échoué. Il te donne une information. Tu peux te demander ce qui s’est passé, ce que tu as ressenti et ce qui t’aiderait à retrouver ta direction la prochaine fois.
Pour rester reliée à ton intention, tu peux écrire une phrase visible sur ton bureau. Tu peux garder une note de tes décisions courageuses. Tu peux demander à une personne de confiance de t’aider à faire le point chaque semaine. Choisis un rappel simple, qui te ramène à tes choix sans devenir une nouvelle obligation de performance.
Je compare parfois cette progression à un chêne. Tu peux connaître l’arbre que tu veux voir grandir, mais il ne devient pas majestueux du jour au lendemain. Il faut du temps, des conditions favorables et des soins réguliers. Cette image ne promet pas une échéance précise. Elle rappelle que tenir une direction demande des actes répétés et des ajustements.
Il y aura de l’inconfort. Tu peux apprendre à l’accueillir sans l’interpréter comme un ordre de renoncer. Et tu peux aussi revoir ton objectif si les faits montrent qu’il ne te convient plus.
Un exercice pour commencer aujourd’hui
Prends dix minutes et complète les phrases suivantes :
- Dans mon activité, je veux créer davantage de…
- Quand je suis dans mon ancienne posture, j’ai tendance à…
- La posture que je veux développer se verrait dans cette situation précise…
- Quand je sentirai l’inconfort, je pourrai…
- Cette semaine, le geste que je choisis de tester est…
Reste précise. « Être plus visible » peut devenir « parler de mon accompagnement dans ma prochaine conversation professionnelle ». « Assumer ma valeur » peut devenir « annoncer le tarif prévu et attendre la réaction avant de proposer une réduction ».
Après ton essai, prends quelques notes. Qu’as-tu observé dans ton corps ? Qu’as-tu dit ? Quel a été le résultat ? Qu’as-tu appris ? Le but n’est pas de réussir parfaitement. C’est de remarquer que tu peux parfois faire un choix différent, même si ton ancienne identité se manifeste encore.
Pour aller plus loin
Se relier à une identité haute fréquence ne signifie pas que tout devient facile, ni que tu dois tout régler seule. C’est une invitation à ne pas réduire ton avenir à ce qui t’a limitée jusqu’ici. Tu peux explorer ton histoire, écouter ton intuition, vérifier les faits et poser un geste concret.
Pour poursuivre cette réflexion, tu peux lire aussi l’article sur la confiance en soi au travail, le texte sur le sentiment de légitimité et le guide pour dire non sans culpabiliser.
Et si tu veux approfondir cette pratique avec moi, cet espace est conçu pour revenir à la connexion à l’identité, à travers des audios et des masterclass. Prends ce qui résonne, garde ton discernement et choisis les actions qui respectent ta réalité.